vendredi 27 mai 2016

La Grande Nuit : John l'Etrange (13)

Juillet 1935

Aéroport d'Alger en 1935

Tous les membres du PentaStella se retrouvèrent à bord du zeppelin "le Lohengrin", même modèle que le zeppelin noir qui les envoya sur mars. Le temps était venu de mener une réflexion sur les choix à prendre. Qu'est-ce que le groupe allait donner comme version pour expliquer leur présence dans le fort militaire de Béni Ounif,
Fort de Béni Ounif
et pour l'évasion de l'Arme Alpha ? Une fois leur  argumentation mise au point, ils contactèrent le C.I.D, afin de faire leur rapport préliminaire. Le Nyctalope leur donna l'ordre de se diriger vers l'aéroport d'Alger, dans l'attente de nouvelles directives. Vingt-quatre heures plus tard, un stratogyre français débarqua à Alger, duquel surgit le Nyctalope et le Baron, afin de mener un interrogatoire avec les agents de la Brigade PentaStella. Ce dernier se passa curieusement bien. Léo Saint-Clair écouta leur version sans les interrompre et l'agent Vuillaume confirma qu'ils disaient tous la vérité.


Marguerite Lebrun
Malgré tout, le Nyctalope voulut les sanctionner en leur confiant une mission de moindre importance. En effet, après s'être pris pour des agents secrets, ils allaient devoir protéger et escorter Marguerite Lebrun, épouse du Président Albert Lebrun et première dame de France. Elle allait embarquer à bord du Normandie , avec sa fille Marie et sa belle-fille, Bernadette Marin, pour le voyage inaugurale du plus grand navire du monde, équipé de turbines électriques alimentées au radium. La traversée, dont l'arrivée était prévue à New York, était réservée à l'élite française et était ouverte uniquement à la première classe. Il y aurait un peu plus d'un millier de passagers pour la traversée et parmi eux, il y aurait diverses célébrités. 
Mais Saint-Clair les informa qu'ils devaient absolument dissimuler leur nature surhumaine. En effet, la Compagnie Générale Transatlantique souhaitait établir un nouveau record de vitesse, qui pourrait être contesté par leur seule présence.
Départ du Havre
Il était temps pour eux de préparer leur mission en mettant au point leur "couverture" à bord du Normandie. En effet, pour surveiller de prés Madame Lebrun, les agents allaient devoir s'inventer une nouvelle identité, aussi classieuse que le célèbre paquebot. 

Théodobert
Geneviève
Théodobert de Puyrenois en profita pour aller dire au revoir à sa femme Geneviève, mais cette dernière lui manifesta une profonde inquiétude. C'était la première fois qu'elle ressentait quelque chose d'aussi prégnant. Elle avait l'impression que c'était la dernière fois qu'ils se voyaient. D'autre part, elle lui fit part de ses inquiétudes concernant sa grossesse, elle était profondément épuisée. Bref, son départ en mission arrivait bien mal. Mais Théodobert l'embrassa à pleine bouche, avant de monter dans son taxi.

Au Havre, une foule immense s'était réunie pour saluer le Normandie. Et c'est avec un certain soulagement que les membres du PentaStella montèrent à bord sans être contrôlés et se retrouvèrent sur le pont du navire pour assister au départ sous les vivats de la foule et dans sous les flonflons de la fanfare du 43ème régiment de Lille.

Le Normandie
Théodobert cru d'ailleurs voir sa femme sur le quai. Et Le Duc vit très clairement Cayenne lui faire ses adieux. Mais bon, après un long sifflement, se changeant progressivement en bourdonnement, l'ensemble de la structure se mit en branle. 

Le navire commença alors à prendre de la vitesse et à s'éloigner du port. Fendant les flots, il atteignit rapidement la vitesse de croisière de 30 noeuds. Le voyage put alors commencer. 

Piscine du Normandie
A ce titre, ils se séparèrent pour retrouver la trace de la première dame de France et découvrir aussi les splendeurs du navire.  
C'est avec émerveillement qu'ils découvrir à bord du paquebot, un chapelle, un stand de tir, des boutiques de luxe, un théâtre pouvant faire office de cinéma, une piscine intérieure mais aussi un jardin d'hiver.


Coco Chanel
La princesse Hariska Magalaya, alias, Le Diadème prit donc l'initiative de se rendre dans l'une de ces boutiques, qui n'avaient rien à envier à celles de Paris, tant elles abondaient en articles de luxe. Elle y fit la connaissance d'une certaine Gabrielle Chasnel qui se rendait aux USA pour finaliser son projet "Bijoux de diamants", sa première collection de haute joaillerie. Les diamants étaient montés sur platine... une extravagance après le krach de 1929 ! Féministe et bienveillante, elle conseilla cependant à la princesse hindoue, de cacher cette vilaine queue de serpent sous sa robe longue.

Pendant ce temps-là, Angelo d'Agostini, alias Maschera, se promenait sur le pont quand ses yeux vinrent se poser sur une affiche de Music  Hall. Le célèbre prestidigitateur Léon Mandrake était à bord,

Léon Mandrake
pour donner une suite de représentations. Maître de l'illusion, son premier spectacle était programmé le soir même. Mais tandis qu'il était hypnotisé par le regard du magicien, Angelo fut surpris d'entendre une voix aiguë et nasillarde. 
En se retournant, il reconnut l'actrice française Valentine Tessier, interviewée par un pauvre journaliste mondain. Cette perruche se vantait d'aller à Hollywood pour y devenir célèbre. 
Grâce à sa prestation dans son dernier film "Le retour de l'Astronome", elle allait devenir l'égérie de tous les cinéastes yankees.


Salawa
De son côté, Le duc voulut découvrir la librairie du paquebot afin d'acheter un livre pour le temps du voyage. Un homme d'affaire égyptien roux, au costume impeccable mais néanmoins accompagné d'un horrible chien, était en train de lire un article de journal. Le titre était écrit en grand : Inauguration prochaine d'Atlantropa ! En croisant le regard du Duc, il ne put s'empêcher de sourire et de lui glisser de façon énigmatique :
- " Ce gigantesque barrage, censé vider la méditerranée, ne va pas favoriser les affaires des contrebandiers de tous poils...". 
Puis, content de son effet, il échangea deux ou trois mots avec le Duc, avant de disparaître dans la foule.


Salvador Dali
André Breton
Cherchant désespérément Marguerite Lebrun, Lunatix tomba sur une scène cocasse. Deux jeunes hommes se tenaient sur un banc, côte à côte et lançaient des injures à demi-mots. Avec un accent espagnol, l'un se jurait de mettre à profit cette traversée en bateau, pour apprendre à tirer au pistolet, pour tuer son ami poète. L'autre en retour le narguait en récitant un extrait du "Bateau ivre" d'Arthur Rimbaud.




    Enfin, en parfait militaire, Théodobert, voulut se faire son propre avis sur le stand de tir du paquebot. Sur place, il eut la surprise de se voir proposer de tirer sur une cible, représentant une Panticore martienne. C'est à se moment-là et seulement à ce moment-là que Théodobert ressentit un profond malaise. Quelque chose n'allait pas, ne collait pas avec la réalité. Quelque chose était en train de se tramer, mais quoi. Il fallait à tout prit en parler à ses compagnons au plus vite.
           
Comme il avait été convenu, nos agents se réunir deux heures plus tard, au bar de la grande salle de réception pour faire leurs premières observations. Tout d'abord, ils n'avaient pas retrouvé la trace de madame Lebrun. De plus, chacun raconta les étranges mésaventures dont ils avaient été témoins. Etaient-ils sous les effets d'un nouveau pouvoir mesmériste ? Qui se cachait derrière tout cela, quel nouvel ennemi ? Soudain, un puissant grondement d'orage fit sursauter tout l'équipage, tandis qu'un éclair d'un blanc verdâtre déchira le ciel, suivi d'autres similaires. Des légers crépitements électriques retentirent ici et là et des étincelles d'électricité statique, apparurent sur les rambardes du navire. Un arc électrique électrisa Hariska, qui s'évanouit un cour instant. Un vent froid se leva à l'horizon et les passagers commencèrent à montrer des signes d'inquiétude.



Ailleurs, dans un laboratoire glacial...

- " Attention Professeur Cartésia ! Le sujet 3 est en train de se réveiller !
- Je vous avez bien dit que le gaz Cocyte n'était pas suffisamment puissant ! J'ai hâte de tester sur eux le sérum Phlégéton !
- Taisez-vous abruti, elle nous écoute. Injectez-lui immédiatement le fluide Chronos ! Nous devons savoir à tout prix l'avenir de la France sans l'Arme Alpha.
Puis, Charon se retourna vers la princesse hindoue.
-" Rétroaction sentimental remplace vide logique. Vous pensiez vraiment vous en sortir aussi facilement à Béni Ounif  ? "



Lorsqu'Hariska revint à elle, elle fit une tonitruante déclaration.


" Bienvenue dans l'Hadès !!!"

En effet, ce qu'ils vivaient n'était pas vrai, ils étaient victimes d'une expérience scientifique, menée par Charon et le professeur Cartésia. En fait, ils avaient tous inhalé le terrible gaz Cocyte, ce gaz inventé pour endormir l'homme le plus puissant du monde.
Ils n'avaient pas réussi à sortir à temps du complexe souterrain de Béni Ounif, et pour se venger d'eux Charon les avait maintenu dans une sorte de rêve chimique : un chrono-rêve. Comme ils avaient libéré l'Arme Alpha, Charon et Cartésia voulait connaître l'avenir en leur faisant vivre une expérience de prescience active. Mêlé au gaz Cocyte, le fluide Chronos avait propulser leur esprit dans les 20 prochaines années, pour savoir comment la France allait pouvoir se défendre face à ses ennemis.


Le "réveil" du Diadème dans la réalité, ne fut le fruit que d'un accident électrique, qui lui permit de résister à la toxicité du fluide chronos. Elle comprit aussitôt qu'elle se trouvait dans un laboratoire, reliée à des câbles et un serre-tête, la maintenant en léthargie. Elle comprit surtout qu'ils avaient tous été rapatriés dans la sinistre Projet Hadès, compagnons d'infortune de leur pire ennemie : Circé !


Puis, une teinte bleuâtre se répandit dans le ciel tandis que les étoiles s'assombrirent. Avant d'avoir eu le temps de modifier sa trajectoire, le Normandie s'engouffra dans une immense faille - comme déchirant le tissu de la réalité elle-même - apparue au milieu de son chemin. Une nouvelle décharge d'électricité statique traversa l'ensemble de la structure faisant frissonner les personnages.





La faille se referma sur un paysage apocalyptique. L'orage se déchaîna alors que des météorites tombaient du ciel. Elles plongeaient fumantes, dans l'océan qui entourait le bateau. Mais déjà, une curieuse silhouette humaine était en train de voler à grande vitesse, dans leur direction. Elle avait surgit de la faille et survola le paquebot avant de léviter au-dessus d'eux.


Apparition de John l'Etrange

"Je m'appelle John l'Etrange et je viens de votre futur ! Au moment où je vous parle, vous êtes en train de faire un rêve de prescience chronodégradable, sous l'effet combiné du gaz Cocyte et du fluide Chronos, contenu dans le scaphandre du Voyageur Temporel. Si vous mourrez dans votre rêve, vous mourrez dans la réalité. Mais je peux vous aider à vous libérer, si vous me libérez à Néo-Paris."


Puis, il se retourna et leur fit voir la pluie de météorites.


" Ce que vous voyez ici est ce que nous devons éviter. Pour y parvenir, vous devez continuer dans cette direction jusqu'à trouver une faille similaire à celle qui vous a mené ici. Elle vous conduira dans un futur où l'Orbe Noir a détruit une bonne partie de la Terre et de ses habitants. Là, vous devrez me retrouver et me libérer afin que je puisse vous aider à regagner votre époque et votre réalité. Le temps presse, chaque seconde nous rapproche de la fin."


Soudain, des soldats insectoïdes de l'Orbe Noir, émergèrent en masse des flots, et se lancèrent à l'assaut du navire. Certains parvinrent à chuter sur les ponts est et ouest du paquebot. Les agents du PentaStella se dispersèrent pour sauver des passagers et pour prendre le contrôle du navire. Tandis que Le Faucheur attira à lui des insectoïdes, Lunatix perça de sa lance leur carapace chitineuse. Le Diadème s'interposa pour sauver la vie du Duc qui voulut prendre le contrôle du gouvernail, sous les yeux médusés du capitaine. Le combat dura suffisamment longtemps pour que le Normandie franchisse à nouveau une autre faille spatio-temporelle, et surgir dans un décor d'ère glaciaire. John l'Etrange, ainsi que les passagers s'étaient totalement volatilisés. D'ailleurs, le paquebot n'était plus en plein océan atlantique, mais figé dans un immense fleuve.
Le rocher de la Loreleï
Tout autour, les personnages découvrirent, les ruines du village de St-Goar, avec sont château du Katz, au sommet de la falaise. Oui, avec l'immense rocher de la Lorelei qui s'élevait devant eux, Lunatix comprit tout de suite qu'ils se trouvaient sur le Rhin. 

Les congères de glace et la nuit crépusculaire signifiaient que l'Orbe Noir avait gagné !


L'Orbe Noir

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