jeudi 10 décembre 2015

La Grande Nuit : le Ruban de Moebius (7)

Janvier 1935

Paris en Janvier



Quelques mois se sont passés depuis la fin de la mission martienne : le temps pour nos surhommes de vivre leur incorporation définitive au C.I.D, et d'oublier un peu ce qu'ils ont vécu sur la planète rouge.
Malgré la baisse d'influence de l'Institut du Radium, Frédéric et Irène Joliot-Curie reçoivent le prix Nobel de Chimie pour la découverte de la radioactivité artificielle. Bon nombre de héros superscientifiques, qui avaient profité de la protection de Marie Curie, la Reine du radium, décident d'incorporer le C.I.D.

A "Paris Soir", c'était l'effervescence à la réunion de rédaction. Que fallait-il traiter en priorité ? Le projet Atlantropa, visant à construire un gigantesque barrage hydro-électrique, dans le détroit de Gilbratar ou la conférence de Robert Darvel intitulée " Les Portes Noires de la planète Mars" ? L'aventurier avait soi-disant des révélations à faire aux terriens, concernant l'astre rouge. Frida fut pressentie pour aller interviewer l'allemand Herman Sörgel, l'architecte du barrage. Toute à sa joie, elle ne comprit pas pourquoi, on lui tendait un colis en carton.


Après quelques mois de convalescence, la Princesse Hariska
Maghalaya Runjee, se rendit au Diogene Club, en compagnie de ses parents pour y faire la connaissance de Lord Wayne Pendergast. Sous l'oeil avisé de Mycroft Holmes, la présentation des deux futurs époux fut perturbée par les rires en cascade de Miss Téria. Assise à une table de bridge, buvant un verre de gin en fumant un cigare, la célèbre aventurière du Diogene Club, était en totale opposition avec Hariska, dont le destin prenait une tournure peu enthousiasmante. Heureusement, un domestique vint interrompre la conversation barbante avec Lord Pendergast, en donnant un colis à Hariska.

Au même moment, de l'autre côté de la Manche, Anubis se présenta à l'Institut du Radium pour y débaucher le célèbre Félifax. Malgré sa fidélité au souvenir de Marie Curie, l'homme-tigre avait décidé de rentrer lui-même au service du Comité d'Informations de la défense. Dès son retour au Q.G de Montparnasse, un agent vint vers lui à la sortie du stratogyre pour lui remettre un colis personnel.

A l'autre bout du complexe souterrain, alors qu'il allait encore pénétrer dans la Chambre Ardente, pour acquérir de nouveaux pouvoir, on remit à Théodobert un colis enveloppé dans du papier journal.

Enfin, revenant d'une mission d'escorte, classée top secrète sur les bords du lac de Genève, Le Duc, eut la surprise de recevoir directement chez lui, un colis  adressé à l'hôtel de Fontrailles, son hôtel particulier.


Nous étions le lundi 20 janvier 1935, lorsque tous nos héros reçurent ces curieux colis, tous strictement identiques, et ce, quel qu'ait été l'endroit où ils se trouvaient. Et qu'y avait-il dans ce colis ?

Une boîte en carton de vingt  centimètres d'arête, avec les adresses des héros, inscrites sur un papier et tapées à la machine à écrire. A l'intérieur se trouvait un petit planétarium, soigneusement enveloppé dans la même page 22 du journal "Paris-Soir". Quatre astres pivotaient autour du Soleil, représentant chacun Mercure, Vénus, la Lune et Mars. En inspectant minutieusement le socle, ils découvrir leurs noms, gravés sur le plateau en bois. En le soulevant, ils purent lire ceci :

" Quatre astres, 
Quatre sacrifices, 
Quatre heures, 
Quatre monstres. 
A vous de les sauver ". 

Signé l'Astronome

Mais ce n'était pas tout... Dans chaque globe en verre, il y avait un texte gravé à l'envers. En les illuminant, on pouvait en comprendre le sens, en lisant la projection sur le mur. Il s'agissait en fait d'extraits de poèmes d'Arthur Rimbaud,légèrement remaniés, servant à créer un cruel jeu de piste. En effet, leur mystérieux expéditeur, les invitait à résoudre une série d'énigmes dans une course contre la montre, afin d'éprouver leur courage et surtout leur moral.

Friand de ce genre de challenge, l'équipe se mit aussitôt au travail. Tandis que le Duc s'enfermait dans la bibliothèque du C.I.D, les autres membres de l'équipe firent des relevés d'empreintes et épluchèrent les dernières archives concernant les surhommes super-scientifiques. Ils comprirent vite que leur adversaire était versé dans les arts occultes et qu'il avait un "plan" de nature ésotérique. Le Duc comprit qu'il était question d'un jeux de correspondance entre les jours et les lieux des futures sacrifices rituels. En effet, en utilisant la célèbre table d'émeraude de la tradition égyptienne, il mit en évidence le lieu et le jour exacte de l'exécution. 


A leur grande surprise, la première énigme les guida vers une officine appartenant à un certain André Forgeron, alias le célèbre Mage Bellagius,capable de guérir n'importe quelle maladie du monde. En fait de héros philanthrope, il s'est avéré que Bellagius était un immonde criminel, capable de transférer les maladies à d'autres individus. Ce que l'équipe découvrit dans la cave de la pharmacie de la place de la Bastille, était horrible. Bellagius y avait séquestré deux pauvres hères, infectés par les microbes les plus immondes. André Forgeron était sur le point de faire encore une expérience lorsqu'il découvrit dans son laboratoire, une chaise à sangle, pourvu d'une dizaine de seringues, pleine de mercure. Nul doute que le célèbre guérisseur était la future victime de cette machine infernale. Heureusement pour lui, l'équipe parvint à le localiser à temps et lui sauva la vie, tout en lui promettant un long séjour en prison. 

Mais le temps était compté car le prochain meurtre était prévu pour le mercredi qui suivait. En relisant le poème de Rimbaud, les agents du C.I.D localisèrent une galerie d'art, où une exposition était sur le point de présenter les "Vénus" de Clara Lindman.
Ce nom fut vite rattaché à celui du Puritain, Georges Lindman, le célèbre justicier masqué, garant des bonnes moeurs de la capitale. Une visite à la galerie s'imposait... La galiériste répondit laconiquement à leurs questions, mais son attitude provocante fit dire au groupe que Clara Lindman était une femme aux moeurs dépravés, voire une ancienne cocotte parisienne. Leurs soupçons se confirmèrent lorsqu'elle fut victime d'un enlèvement, au sein même de sa boutique. Une folle course poursuite commença entre les malfrats et nos héros justiciers. Contre toute attente, ils les emmenèrent dans la vallée de Chevreuse, dans le château qui servit de Q.G au Cercle Arcadie. Bagarre, coup de feu et arrestation les immobilisèrent une partie de la nuit, avant de comprendre qu'on les avait volontairement éloignés de la capitale. Ni une, ni deux, ils allèrent directement à l'atelier de peinture de Clara Lindman, pour découvrir le corps transpercé du Puritain, emprisonné dans une vierge de fer. La fouille des lieux mit en évidence la double vie sulfureuse, du justicier bien pensant.

Ainsi donc, l'Astronome était un criminel qui se plaisait à organiser l'assassinat, non pas de justiciers gentlemen, mais bien de "monstres", plongeant ainsi le groupe dans une circonspection morale. 

Le plus dure fut de chercher et de trouver la localisation de la prochaine victime. Selon la logique du tueur en série, l'assassinat allait se dérouler le lundi 27 janvier, dans le quartier de Montmartre, en rapport avec l'Auberge de la Lune. Une brève enquête entraîna les agents vers l'emplacement de cette auberge du 17ème siècle, où l'on incinérait les clients après les avoir détroussé. L'interrogatoire avec le descendant des propriétaire de la sinistre auberge les emmena vers l'hôtel Lunamar où les attendait une autre machine infernale. En effet, dans la cave de l'hôtel, une chaudière au radium avait été trafiquée pour se déclencher et réduire en cendre une victime, emprisonnée dedans. Un cadran relier à un compteur signala le début du compte-à-rebours et l'équipe dut mettre toute son intelligence en commun pour découvrir le moyen de désamorcer le piège. Anubis crut bien faire en se téléportant à l'intérieur de la chaudière, mais il se rendit compte trop tard, que la cage métallique cachait aussi un piège magique. Il se retrouva emprisonné à l'intérieur avec la victime. Mais qui était-elle ?
Malgré l'apparence d'une vieillarde toute racornie, Anubis reconnu les traits d'Hékate, la grande magicienne du Cercle Arcadie. Dans un dernier souffle, elle lui avoua que sa fille Circé, était à l'origine de tous ces crimes. Elle avait commencé par "payer" sa libération auprès de Nous Autres, après son aventure sur mars. Mais le prix à payer fut terrible pour la magicienne grecque, en effet sa fille lui vampirisa la totalité de ses pouvoirs pour pouvoir devenir la digne fille de l'Archigos. Forte de ses nouveaux pouvoirs de voyance, elle eut une vision de l'avenir apocalyptique de la Terre et s'autoproclama "gardienne de Gaïa". 

Mais rancunière et ivre de vengeance, elle se promit de faire payer aux agents du C.I.D leur déloyauté envers le Cercle Arcadie et la promesse d'être les nouveaux dieux de cette nouvelle ère. A ses yeux, ce n'était qu'en sacrifiant des "criminels" que l'univers pouvait être sauvé. Son cerveau malade fit le reste.Circé s'éteignit en donnant l'emplacement de l'antre de Circé.

En toute logique, la dernière victime était Robert Darvel, qui devait donner une conférence sur "Les Portes Noires de la planète Mars", à la Mutualité, le lendemain même de la mort de Circé.
Sauf que le groupe décida d'adopter une autre stratégie. En effet, si Circé était capable d'anticiper leurs faits et gestes, il fallait trouver une solution pour ne plus apparaître clairement dans les fils du destin. La tactique du chaos fut adoptée par le groupe. C'est-à-dire que les membres de l'équipe allait se séparer et se rendre soit à la conférence de Darvel, soit au Q.G de Circé, mais sans se le dire, brouillant ainsi les cartes de l'avenir.

C'est ainsi que le Diadème et Le Duc se retrouvèrent dans l'appartement de Circé et qu'ils découvrirent tous les plans, les dessins et les visions prophétiques de la magicienne. Sur un mur était écrit une sinistre prédiction : " La Grande Nuit arrive".
Alors qu'ils découvrir une invitation pour une vente aux enchères du célèbre tarot de Cagliostro, une sphère crépitante apparue derrière eux. Minuscule au début, elle ne cessa de grossir, au point d'occuper tout le centre de la pièce. En son centre, ils pouvaient voir la silhouette d'un scaphandre sur lequel brillait un ruban de Moebius. Lévitant au-dessus du sol dans un vacarme assourdissant, le scaphandre finit par se poser au sol et faire un signe de la main. Circonspect, les deux agents du C.I.D attendirent avant de le menacer avec leur arme. Finalement, une voix métallique s'adressa à eux en ces termes : 

"Je suis le Capitaine Sisiphus. Je viens de l'année 1985 où la planète n'est plus qu'un astre de glace. Le monde a été détruit avant 1937. Le responsable est une planète vivante, qui a absorbé l'énergie des êtres vivants et ravagé les continents par le biais de ses sondes insectes. Elle se nomme "l'Orbe Noir". Dans quelques mois ou semaines, l'Orbe Noir va s'approcher de la Terre et commencer à la dévorer. Comme elle l'a déjà fait pour Mars. Nul ne sait comment elle est venue ici et personne n'a pu la combattre. 
Vous devez l'empêcher de venir ! Vous devez comprendre ce qui se passe pour arrêter l'Armageddon Oublié ! Vous ne devez pas commettre les mêmes erreurs ! "




Pendant ce temps-là, à la Mutualité, un drame était en préparation. En effet, lorsque Majestix, Anubis et le Faucheur se retrouvèrent, ils ne se doutait pas qu'une terrible machine infernale était à l'oeuvre, pour changer Robert Darvel en...homme de sable.
Heureusement, l'un des agents détecta à temps la présence des deux gros pylônes dressés sur la scène, d'où s'échappaient des crépitement discrets. Au moment où Darvel voulut ouvrir la conférence, des arcs électriques s'élevèrent de part et d'autre du pupitre.N'écoutant que son courage, Le Faucheur s'élança pour faire s'effondrer une colonne. Bien mal lui en prit. Sous sa forme d'homme d'acier, il fut particulièrement sensible à l'électricité et s'écroula au sol sans pouvoir réagir. 

Au même moment Anubis se téléporta pour mettre Robert Darvel à l'abri. Malheureusement, ce court moment fut choisi par Circé pour lancer un sortilège de sommeil sur Majestix. La vile magicienne apparut alors sur scène pour parfaire son horrible crime. Elle agrippa Frida et la propulsa sur l'un des pylônes électriques, l'électrifiant sur le champ. Anubis et le Faucheur ne purent rien faire, si ce n'est de voir le corps de leur amie, se calciner sous leur yeux. Dans une ultime action, Anubis se téléporta auprès de Circé et la propulsa dans son propre piège électrique. 

La magicienne neutralisée, le cycle des meurtres rituels était enfin stoppé, mais à quel prix ? Majestix était morte au combat et la venue de l'Orbe Noir était maintenant officielle.

En effet, la Grande Nuit arrivait.

2 commentaires:

  1. Vivement samedi pour la suite !
    Une petite relecture pour se souvenir du dernier scénario, ne fait pas de mal :)

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